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© 2017 Max R. webwriter premium239 vues

Chapitre I Créé le: 04.06.2017, édité le: 04.06.2017

Je me réveille dans le noir. Dehors il fait peut-être jour mais son corps recouvre la seule fenêtre de la pièce. Accoudée dans l’ouverture , une vieille veste à peine posée sur les épaules, elle recrache les dessins blancs de la fumée dans le froid. Il y a sûrement plus d’art entre le corps de la femme et les cinq minutes d’une cigarette que sur tous les murs du Louvre. Je ne verrai jamais son visage, elle restera fermée, accoudée à la fenêtre ouverte comme pour me dire : « Regarde dehors, il y en aussi pour toi ». La porte a toujours était là, lumineuse et salvatrice mais trop loin pour le coeur sec d’un contemplatif. On meurt de ces ouvertures, on chute dans leurs bouches béantes. Seules, elles ne sont rien mais face à moi elles se teintent du rouge d’un démon.
Elle, toujours assise, mis fin à la valse blanche de son souffle. Dans notre guerre, elle venait de griller sa dernière cartouche.

Elle se lève et j’aperçois enfin le puits obscur de la ville. Je suis ses mouvements alors qu’elle se recouche à mes côtés sans un mot puis mon regard se perd dans la noirceur de ma fênêtre. Il y a tout à contempler avant que le jour n’efface la beauté nocturne, je suis tenté de l’imiter et d’aller m’asseoir pour m’absorber dans la nuit. Mais je suis retenu par son parfum, pas celui sorti d’une bouteille, celui qui émane des âmes au repos. Je glisse mon regard le long de ses cheveux et je m’arrête sur ses épaules qui se soulèvent déjà lentement au rythme du sommeil. Quand je la regarde dormir je me retrouve devant un paysage d’abandon qui s’étend et se cache maladroitement sous les draps. Je vois se dessiner la cartographie de son corps dans les plis du tissu, je me sens explorateur face à l’inconnu.
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