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© 2017 Thierry Villon webwriter premium241 vues

Naufrage Créé le: 02.06.2017, édité le: 18.08.2017

Hourra, mes yeux peuvent enfin se tourner vers le port pour contempler ce lieu si riche d’aventures. Les bateaux à quai veillent, prêts à bondir sur la vague, dès que je l’aurai décidé. Mon pouvoir est immense. Je peux aussi bien rester immobile face à cet horizon infini que choisir la sortie : juste dépasser le phare et laisser derrière moi une côte, un port, une petite ville qui coule du haut de la colline jusque dans l’eau bleue, disons verte, disons verte et bleue, de ces couleurs pas très définies dont seuls les peintres peuvent saisir la délicatesse, habiles qu’ils sont à reproduire les reflets que la lumière crée sur les objets.

Partir serait imprudent, à cause de cette houle et de ses nombreux pièges, avec en plus les prévisions répétées d’une météo désastreuse. Ce n’est pas ce qui me retient à terre. C’est plutôt un sentiment de jubilation face à tous les rampants qui ne connaîtront jamais la liberté immense dont je jouis.
J’affronte la terrible création, je la regarde dans le blanc de ses vagues écumeuses. Je prends en charge mon orgueil, celui de mon bateau si bien taillé pour me faire monter l’adrénaline. Je regarde en face ce mouvement perpétuel. Je saute parfois un reflux, pour ne me repaître que du flux, imaginant cet océan se déverser dans les terres et remonter les fleuves jusqu’à leur source. C’est fou ce que le vent, garni d’un petit crachin peut faire à l’homme. Sous ses embrassades, il devient marin, il abandonne la terre ferme, si ce n’est dans les faits, du moins en imagination.
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